Éditions des Équateurs

  • Peu de mots attirent autant la foudre et l'envie. Peu de mots ont évolué à ce point à partir de leur étymologie. Peu de mots ont été aussi injustement accaparés par la moitié de l'humanité pour en priver l'autre. Ce mot passionnant : virilité ! À l'heure de #MeToo, la virilité clive et enflamme la société. Mais remontons un peu à la source. À son origine, ce terme n'était pas genré. La virilité était une énergie vitale partagée par les hommes et les femmes. Voici un manifeste pour rafraîchir le langage et déplacer le combat : au lieu de mettre en accusation une masculinité viriliste et violente, allons chercher l'Éros, le désir de vivre, qui sous-tend la virilité, la vraie ! Sur le chemin, nous découvrirons qu'être virile, c'est être libre et mature, relié(e) harmonieusement à la Nature, que Vénus était virile et non binaire... Il devient urgent que les femmes du XXIème siècle se réapproprient leur virilité autant que leur vénusté !

  • Ou donc est le bonheur ? Nouv.

    Si, loin de la promesse de bonheur, naïve voire dangereuse, que nous vendent les ouvrages de développement personnel, il fallait plutôt reconnaître que du monde, « on ne peut attendre rien de bon », comme l'écrit Schopenhauer ? Si souhaiter être heureux était le moyen le plus sûr d'être malheureux ? Marianne Chaillan commence par fracasser la représentation commune du bonheur pour mieux nous faire découvrir les chemins étroits et exigeants qui conduisent à une vie heureuse et authentique. À la manière du fameux professeur du Cercle des poètes disparus, elle nous invite à entrer dans sa salle de classe, à nous appuyer sur la philosophie, non pour rêver de bonheur mais bien le pratiquer ici et maintenant. « C'est sur cette question que, chaque année, je quitte mes élèves. Comme si, e?tant l'ultime lec?on, elle avait vocation a? demeurer plus vive. Ce cours concentre l'essentiel de ce que la philosophie m'a appris et que je souhaite transmettre a? mon tour. »

  • Quel est le point commun entre Joker, Friends, Le Seigneur des anneaux ou Star Wars ? Tous sont des classiques de la culture pop. Tous nous ont enthousiasmés et divertis. Ils font désormais partie de nous, de notre imaginaire, de notre langage.

    Pourtant les tenants de la grande culture, la « vraie », affectent de les mépriser, les jugent niais ou inconsistants. « Plutôt Phèdre que Netflix ! » Plutôt Racine que la Casa de Papel. Ne peut-on aimer l'un et l'autre ? Opposer les deux, n'est-ce pas ignorer la vertu pédagogique du divertissement ?

    L'anneau de Gollum nous rappelle celui du berger Gygès inventé par Platon pour s'interroger sur la nature humaine : Un acte vertueux est-il réellement possible ? Orange is the new black nous fait réfléchir au sens de la justice en compagnie de Socrate et d'Aristote. L'histoire d'amour de Jack et Rose à bord du Titanic nous permet de comprendre ce que Levinas nomme « la véritable rencontre avec autrui. » Chacun de ces immenses succès populaires nous pose au moins une grande question philosophique.

    In pop we trust est donc un cri de ralliement. Une invitation à considérer la profonde sagesse de nos mythes contemporains et à en tirer tous les enseignements. Un manuel de philosophie, pour le bac ou pour la vie, autant qu'un manifeste du Gai savoir.

  • La coquille Saint-Jacques ne mène pas toujours à Compostelle ! Depuis vingt ans, Laurent Chauvaud l'écoute, l'observe et nous ouvre d'autres chemins aventureux.

    Grâce à la recherche scientifique, la coquille est une machine à remonter le temps, une archive environnementale, une sentinelle des évolutions du milieu marin et du réchauffement climatique, un modèle mathématique. Mais aussi un instrument de musique : le claquement de ses valves est riche de messages. La coquille nous révèle au quotidien l'état de santé de la mer.

    Son histoire est une odyssée jamais racontée ; sa biologie, un miracle de la nature. Ce sont les secrets de la coquille Saint-Jacques que nous dévoile ce récit ludique, écologique et merveilleux !

    Laurent Chauvaud, directeur de recherche au CNRS, nous emmène au coeur de son laboratoire situé à l'extrémité de la rade de Brest, mais aussi en Norvège, Californie, Arctique et Antarctique. Au cours de ses explorations, il nous révèle les coulisses de son métier qui cultive la sérendipité, cet art de trouver ce qu'on ne cherche pas.

  • « Sans le vélo, mon horizon n'aurait jamais dépassé la haie d'un champ, dans le Limousin. »
    Raymond Poulidor savait d'où il venait. Et il y revenait, toujours. Son port d'attache, Saint-Léonard-de-Noblat, se situe en plein coeur de la France. C'est un petit village niché sur le chemin de Compostelle où il a appris à traire les vaches de la ferme familiale mais où il a aussi acquis le bon sens du pays limousin, la sagesse, la patience, le travail bien fait.
    La casquette souvent de traviole mais les idées bien en place, l'éternel deuxième a couru quatorze Tours de France. Il paraît que les Français, en ce temps-là, n'aimaient pas tellement les gagnants, à la différence de ceux de maintenant. On était alors Anquetilistes ou Poulidoristes, une sorte de lutte des classes, même si l'un comme l'autre des deux antagonistes s'étaient présentés aussi démunis au départ de la vie. Ils auraient donc coupé la France en deux, mais c'est vite dit parce que dans toute sa ruralité d'alors, elle penchait quand même sacrément du côté de Poulidor. Il avait « percé » au temps des chanteurs yé-yé. Deux ans après Johnny, le voilà qui partait à son tour. Lui qui avait couru sous De Gaulle, Pompidou et Giscard s'en allait deux mois à peine après Chirac.
    Ceux qui ont grandi dans les années 1960 et 1970 n'avaient jamais connu un monde sans Poulidor. Mais ce n'est pas le souvenir des Tours d'enfance qui remuait en nous les nostalgies. Son exploit fut de ne jamais être vintage, mais intemporel. Tout changeait autour de nous et rien ne changeait tant qu'il était là. Lui restait le même. Au milieu de tout le chambard, quelque part, il était notre rassurance. « Poupou » s'était transmis de grand-père en petit-fils. Chacun pouvait se reconnaître en lui qui ne ressemblait à personne.

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