Albin Michel

  • Seize années de travail, et une vie tout entière consacrée à l'étude de l'islam, avaient été nécessaires au professeur Jacques Berque pour proposer un « essai de traduction » du Coran (expression à laquelle il tenait, pour marquer le caractère toujours inachevé de ce travail). À la fois savante et littéraire, cette oeuvre monumentale, témoignant d'une intime familiarité avec le monde arabe et la tradition de l'islam, fut saluée comme un événement pour l'approche de cette culture par le public francophone.
    Après quatre ans de travail supplémentaires, Jacques Berque améliora son texte en y apportant des centaines de retouches d'après les remarques de lecteurs érudits, et particulièrement celles de cheikhs de l'Islam. Cette édition définitive publiée quelques mois avant sa disparition nous fait redécouvrir le Coran dans le souffle de ses origines, ouvrant les perspectives d'un islam éclairé où foi et raison auraient toutes deux leur place.
    L'originalité de cette oeuvre est aussi signifiée par l'essai qui suit le texte sacré, que Jacques Berque considérait comme indissociable de la traduction elle-même, et qui nous dit ce que doit être l'acte de lecture d'un tel texte
    Jacques Berque (1910-1995), titulaire de la chaire d'histoire sociale de l'Islam contemporain au Collège de France de 1956 à 1981, a été l'un des plus grands islamologues français. Il a notamment  publié chez Albin Michel Musiques sur le fleuve (1996), Une cause jamais perdue (écrits politiques, 1998) et Relire le Coran (1993).

  • Médine, juin 632. Sous le soleil accablant de l'Arabie, le temps semble s'être arrêté : le Prophète de l'islam a rendu son dernier souffle. Autour de lui, les fidèles de la nouvelle religion, plongés dans la sidération, tremblent à l'idée que la Fin du monde soit proche. Mais où sont passés ses Compagnons ? Quelle est cette étrange maladie qui l'a terrassé en quelques semaines ? Et pourquoi l'enterrement n'a-t-il pas lieu ?
    Au fil de ce récit au jour le jour de l'événement le plus mystérieux dans l'histoire de l'islam, Hela Ouardi, universitaire tunisienne, explore et confronte les sources sunnites et shiites les plus anciennes. Celles-ci nous révèlent un autre visage du Prophète, celui d'un homme menacé de toutes parts, affaibli par les rivalités internes et par les ennemis nés de ses conquêtes. Tout est entrepris pour qu'il ne laisse aucune directive claire sur sa succession. Ses Compagnons s'engagent dans une lutte pour le pouvoir et son clan se déchire, ouvrant la voie à des guerres meurtrières qui ensanglantent encore notre monde aujourd'hui.
    Une reconstitution chronologique inédite, où Hela Ouardi oppose aux mémoires idéologisées le portrait d'un homme rendu à son historicité et à sa dimension tragique.

  • L'imaginaire musulman, en particulier salafiste, a tendance à présenter le règne des quatre premiers successeurs de Muhammad, celui des « califes bien guidés », comme un temps idyllique. Or les textes les plus anciens révèlent une toute autre réalité : celle d'une déchirure précoce avant même que le Prophète soit porté en terre. Ses plus proches Compagnons rivalisèrent alors de trahisons, de pactes secrets, de corruption et de menaces de mort pour s'emparer du pouvoir. Voici l'histoire stupéfiante des Califes maudits, dont ce premier volume révèle les enjeux et les acteurs.
    Fidèle à la méthode déployée dans Les Derniers Jours de Muhammad, Hela Ouardi est allée fouiller dans les replis des sources les plus classiques - mais en réalité très peu consultées - pour reconstituer cette histoire secrète. Les protagonistes sont tous des figures majeures de l'islam naissant : Abû Bakr, le plus proche Compagnon, `Umar, son second impétueux et violent, `Alî, le gendre bien-aimé, Fâtima, la fille chérie au destin funeste, qui lancera une terrible malédiction à ses spoliateurs, les futurs premiers califes. Entre tous ces personnages hauts en couleur se noue une véritable tragédie grecque aux conséquences durables. Car au-delà des querelles de personnes, c'est bien le destin de l'islam et, par conséquent, du monde entier qui se joue.

  • Les Califes maudits est un cycle de cinq récits historiques qui reconstituent les règnes des quatre successeurs du Prophète Muhammad. Qualifiés de califes « bien guidés » par la tradition apologétique, ils n'ont cessé en réalité de s'entredéchirer, et ont tous connu une mort violente. Le premier volume, La Déchirure, publié au printemps dernier, nous faisait revivre comme une tragédie grecque la confrontation acharnée des prétendants au califat, et la malédiction proférée contre eux par Fatima, la fille du Prophète, dépossédée de son héritage. Ce deuxième volume nous entraîne, après le coup d'Etat d'Abou Bakr, dans ce que l'on a appelé les « guerres d'apostasie », la religion étant alors instrumentalisée dans les luttes meurtrières pour le pouvoir. C'est un baptême de sang que va connaître le Califat : les musulmans vont s'entretuer par milliers, dans une violence fondatrice dont les répliques se ressentent jusqu'à aujourd'hui...

  • « Nasr Eddin est au plus mal. Sa femme est là, l'imam est là ainsi que le cadi qui est venu entendre ses dernières volontés :
    - à l'école coranique, dit le Hodja dans un souffle, je lègue dix mille dinars...
    - Mais mon cher mari, le coupe aussitôt Khadidja, nous n'avons jamais possédé une telle somme !
    - Dis donc, proteste-t-il en se redressant un peu, c'est toi qui meurs ou c'est moi ? »
    Du monde arabe aux pays balkaniques, en passant par l'Asie mineure et centrale, la renommée de Nasr Eddin Hodja - Ch'ha au Maghreb - est sans pareille. Tous les peuples qui connaissent ses aventures se sont approprié le mythique « savant », dont on ne sait jamais si la folie dissimule une grande sagesse... ou l'inverse. Jean-Louis Maunoury, qui régale depuis longtemps les lecteurs français de ses aventures et pitreries, nous en offre ici l'ultime recueil.

  • À l'encontre de la misogynie ordinaire qui traverse tous les milieux sans épargner les plus « éveillés », il est indéniable que le Divin en islam présente des aspects profondément féminins. Dieu ne se nomme-t-il pas lui-même « le Tout-Miséricordieux » (expression coranique qui renvoie à la « matrice » de la femme) ? Ainsi, nombre de maîtres soufis ont exalté la précellence spirituelle du principe féminin, et se sont parfois adressés à « Elle » plutôt qu'à « Lui ».Éric Geoffroy, islamologue et spécialiste internationalement reconnu du soufisme, rend compte ici de cette face méconnue de l'islam, à travers ses développements sur l'androgynie originelle de l'humanité, l'évocation de grandes figures féminines comme Marie et des saintes soufies.Ce tableau étonnant débouche sur l'évolution actuelle du soufisme qui ouvre des voies nouvelles dans la pratique musulmane : nous découvrons des femmes théologiennes, des imames, et même des cheikhas de confréries, qui s'imposent par leur dimension spirituelle. Il nous permet aussi de mieux saisir en quoi le Féminin semble incarner l'avenir de nos sociétés.

  • Le sheikh Muslihuddin Saadi Shirazi fut, dans le florissant XIIe siècle de Bagdad, l'un des maîtres soufis les plus célèbres et les plus respectés. Son enseignement, né de la plus pure tradition et enrichi par l'expérience de multiples voyages (de la Chine au Maroc, de la Turquie à l'Abyssinie), demeure l'un des joyaux de la mystique persane médiévale. Le Gulistan, ou Jardin de roses, est son oeuvre majeure. Cette somme philosophique en vers et en prose poétique, écrite dans un style tour à tour naïf, lyrique, tendre et parfois même humoristique, initie le lecteur à une perception plus fine de la réalité.
    Derrière la sensualité apparente de la forme et au-delà de l'allégorie, se dévoile peu à peu la nature profonde, le « zat » de tout être et de toute chose, dont la connaissance est l'essence même de l'éveil spirituel.

  • Le soufisme, que l’on appelle parfois « mystique musulmane », n’est pas un phénomène marginal de la civilisation islamique, encore moins une pièce rapportée : c’est le cœur même de l’islam. Lui seul donne sens à la religion en révélant comment l’islam, loin d’être une « soumission » aliénante, élève l’homme jusque dans la plus grande proximité du divin tout en l’inscrivant dans une fraternité universelle. Ce message de spiritualité et de tolérance adressé à une humanité qui s’interroge sur son avenir est celui que porte depuis des décennies le cheikh Khaled Bentounès, célèbre maître spirituel de la tarîqa Alawyia. Le Soufisme, cœur de l’islam, sorti en 1996, fut son premier ouvrage, s’imposa immédiatement comme un classique dont la valeur ne s’est jamais démentie depuis. Il reparaît aujourd’hui augmenté d’une nouvelle préface du père Christian Delorme, qui permet de mesurer le chemin parcouru par le soufisme en France depuis lors.

  • Également appelée Les chatons des sagesses (car les « formes » spirituelles des différents prophètes sertissent la sagesse divine, comme le chaton sertit la pierre précieuse), cette oeuvre a marqué l'histoire du soufisme et de l'islam profond. Chaque chapitre est dédié à un des prophètes mentionnés dans le Coran, en commençant par Adam - considéré en islam comme prophète - jusqu'à Mahomet qui « scelle » la prophétie universelle. La chaîne coranique des prophètes comprend aussi le Christ et certains prophètes des anciens peuples d'Arabie, comme Salîh et Hûd, que les écritures judéo-chrétiennes ne connaissent pas. La base et le point de départ de chaque chapitre est un passage de l'écriture, le plus souvent une parole que le Coran prête à l'un des prophètes. La sagesse des prophètes constitue le testament spirituel de celui que tous les soufis nomment le « vivificateur de la religion ».

  • Le Coran est-il antisémite ? L'islam véhicule-t-il une « haine du Juif » qui le rend incompatible avec les valeurs occidentales ? Le regard de l'islamologue est indispensable pour dépassionner le débat et sortir des jugements à l'emporte-pièce. Sans rien masquer des aspects les plus problématiques, le grand savant Meïr M. Bar-Asher fait le point sur ce dossier brûlant. Il passe en revue l'image des « fils d'Israël » et des « Juifs » dans le Coran et le Hadîth, ainsi que les bases coraniques du statut de dhimmi. IL s'attarde également sur l'apport extraordinaire de la tradition juive à l'exégèse musulmane du Coran, ainsi que sur les parallèles entre les lois religieuses juive et musulmane, halakha et sharia. Il montre surtout que la question du rapport de la tradition islamique à la figure du Juif et au judaïsme est complexe, et qu'on ne saurait la ramener à la caricature qu'en donnent tant les prédicateurs islamistes que les islamophobes.Un ouvrage accessible, essentiel pour comprendre les enjeux de société actuels.

  • « Qu'est-ce que l'Islam ? On pourrait répondre d'un seul mot : la prière, à condition de l'entendre comme engagement de l'homme tout entier, au-delà des actes cultuels. Telle est bien la signification du terme islâm qui provient du verbe aslama : s'en remettre, s'abandonner à Dieu. » Ainsi s'exprimait Eva de Vitray-Meyerovitch. Elle nous présente ici une synthèse aussi concise qu'érudite sur la prière musulmane. Ayant situé la prière parmi les cinq « piliers » de l'Islam, elle décrit les modalités de la prière rituelle et décrypte son symbolisme pour en dégager le sens théologique et mystique.
    Précédées d'une anthologie des circonstances qui peuvent amener le croyant à prier, les merveilleuses oraisons des mystiques soufis, et notamment du grand Djalâl-ud-Dîn Rûmî, viennent en point d'orgue à ce livre destiné aussi bien au lecteur intéressé par l'Islam qu'au chercheur de vérité en quête de textes de méditation.

  • Les relations entre l'Islam et l'Occident constituent l'un des enjeux cruciaux de notre époque. Or, l'univers musulman demeure pour beaucoup un domaine inconnu et étranger. Riche de 1600 entrées, d'une bibliographie considérable et d'une multitude de renvois et citations - notamment de sourates du Coran -, ce dictionnaire est l'outil indispensable à tous ceux qui désirent comprendre l'imaginaire profond de centaines de millions de croyants. La symbolique à proprement parler nombres, couleurs, bestiaire, grandes figures coraniques... - s'y mêle aux questions rituelles, historiques et théologiques. La grande tradition mystique (soufisme) y côtoie une foule de termes qui sont évoqués quotidiennement dans la presse mais dont le sens réel est souvent méconnu : ayatollah, fatwa, chi'isme, voile, chari'a...
    Véritable encyclopédie pédagogique de l'Islam, cette somme de l'anthropologue Malek Chebel nous livre l'une des clés du temps présent.

  • À l'intérieur du Masnavi, l'oeuvre maîtresse du grand mystique Rûmi, Nahal Tajadod a choisi trente-sept récits, qu'elle a adaptés et revisités. Ils sont allégoriques, surprenants, assez souvent énigmatiques. Ils mettent dans le même sac les pets d'un âne et la plus haute spéculation mystique, la résolution des contraires, la nécessité de l'absurde.
    Pour nous présenter ces histoires, Nahal Tajadod a inventé un personnage vraisemblable, un relieur de Neyshabour, ville importante du Khorassan, province du nord-est de l'Iran. Comme Rûmi, le relieur vagabond doit s'enfuir. Au dernier moment, il doit abandonner sa maison, son travail, ses ouvriers. Amateur d'histoires, il va devenir histoire lui-même, dans ses rencontres et dans ses aventures, avant de rejoindre Rûmi en Anatolie, d'entrer dans son intimité, d'assister à son enterrement.
    Cet ouvrage reprend le texte, sans les illustrations, d'un livre paru chez Albin Michel en 2006

  • Relire le Coran est le texte des conférences que Jacques Berque (1910-1995) donna à l'Institut du monde arabe après la publication de son Essai de traduction du Coran, publié dans cette même collection, afin de présenter à un large public le livre fondateur de l'islam.
    À l'apparente incohérence du texte coranique, Jacques Berque oppose de saisissantes régularités qui laissent entrevoir une composition en entrelacs. Le message conjugue la transmission de l'absolu et le traitement de données conjoncturelles : ainsi les valeurs permanentes qu'il édicte s'inscriront-elles dans le temps des hommes. À l'heure où certains prônent l'extension d'une sharî'a figée, Jacques Berque souligne l'appel du texte à la raison, ses ouvertures à l'innovation.

  • De la Turquie jusqu'en Asie Centrale et en Iran en passant par les rives de la Méditerranée, on continue de raconter et de réinventer les histoires de Nasr Eddin Hodja. Ce personnage, dont on ne sait plus s'il a réellement existé, est bel et bien vivant. Preuve en est le rire qu'il suscite encore.Mais de quoi rit-on ? C'est à cette grande enquête que s'est livré le spécialiste de Nasr Eddin, Jean-Louis Maunoury. Depuis de nombreuses années trente ans, il collecte, traduit, commente. Aujourd'hui, il nous livre une véritable grille de lecture. Est-il fou ou sage, ce personnage qui tourne en dérision le monde et ses petits arrangements ?Tour à tour bouffon, malicieux, scandaleux, c'est toute la palette de l'humour qui est ici déclinée à travers ses savoureuses et extravagantes histoires. Qui dévoilent à peine une universelle sagesse.

  • L'Âme de l'Iran, grand classique de l'iranologie dans ce qu'elle a eu de meilleur au XXe siècle, rassemble en un dialogue rare les meilleurs spécialistes de la civilisation perse, l'une des plus anciennes, et aujourd'hui encore au coeur de l'histoire mondiale. « Patrie des philosophes et des poètes », selon l'expression d'Henry Corbin, l'Iran est au carrefour de deux continents spirituels. En célébrant tout l'héritage mystique de la Perse, de l'ancienne religion de Zoroastre jusqu'à l'islam chi'ite, et en saisissant au vol l'âme de cette civilisation qui fut le creuset où se rencontrèrent et se mêlèrent tant de cultures, les auteurs célèbrent les retrouvailles de l'Orient et de l'Occident en leur berceau commun. Daryush Shayegan, dans sa préface, souligne la valeur toujours actuelle de ce volume aux intervenants prestigieux.Avec : Henry Corbin, Louis Massignon, René Grousset, Henri Massé, Jacques Duchesne Guillemin, Jan Rypka et Parviz Natel Khanlari.

  • Savant à la pensée profonde, Mohammed Arkoun (1928-2010) était également un intellectuel engagé. Son analyse serrée des processus à l'oeuvre dans l'islam d'hier était indissociable de ses appels répétés à une réforme des sociétés islamiques contemporaines. Il n'a cessé de porter ce message dans les divers colloques où il était convié, y compris là où l'on ne s'attendrait guère à croiser un islamologue : à un congrès de psychanalystes lacaniens, dans des conférences sur la condition féminine...Il avait choisi de consacrer les dernières années de sa vie à retravailler les textes issus de ces rencontres, qui sont ici publiés dans leur version définitive. Traitant de la nécessité de la réforme, voire de la « subversion » de l'islam, de l'ouverture lacanienne à la parole et à la « raison émergente », de la condition féminine en islam ou encore du rapprochement entre sunnites et shî`ites, ils montrent combien la pensée de Mohammed Arkoun est plus que jamais féconde pour penser notre époque.

  • On sait la place éminente que tient le personnage de Jésus dans le Coran. Mais le contenu même de la tradition musulmane concernant le « fils de Marie » avait été peu étudié. Voici, comblant cette lacune, la plus importante collection jamais réalisée de paroles attribuées à Jésus et de récits de ses faits et gestes, issus de la littérature classique de l'islam. Tarif Khalidi a réalisé là un travail unique : ces quelque trois cents citations, dûment référencées et commentées, constituent un véritable « évangile musulman » qui éclaire d'un jour nouveau le Jésus de l'islam, son enseignement et sa spiritualité.Tous ceux qu'intéresse le dialogue des cultures seront passionnés par cette brillante analyse d'un phénomène unique dans l'histoire des religions : la figure centrale d'une tradition, assimilée et réinterprétée par une autre, en est devenue un objet de foi fondamental, d'une étonnante fécondité spirituelle.

  • Depuis la mort du prophète Muhammad en 632, la prophétie est achevée. Rien ne peut être ajouté ou modifié, si ce n'est le rêve. Car le rêve est un moyen d'accès aux messages divins, à la Table gardée où se trouve consigné tout ce que Dieu a décidé pour les créatures depuis les origines jusqu'à la fin des temps. Telle est la vision dérivée de l'enseignement du Prophète et d'une certaine lecture du Coran, qui constitue lui-même une partie du grand Livre divin. Dès lors, le songe devient la source d'une révélation permanente de la société musulmane, et tout croyant qui rêve peut entrer en contact et être revivifié par cette source divine inépuisable.
    La fonction religieuse du rêve a été reconnue, les rêves ont été répertoriés selon leur nature, et les théologiens on tenté de faire cadrer la réalité de ces rêves avec les lois religieuses. En s'appuyant sur les grands textes de la littérature onirocritique musulmane, Pierre Lory met en lumière la remarquable homogénéité des diverses clés des songes issues des traditions de l'Antiquité et de l'islam. Une attention particulière est accordée aux milieux mystiques soufis où le rêve est considéré comme un événement initiatique, un instant d'éveil au divin.
    La postface du psychanalyste Jean-Michel Hirt apporte un éclairage précieux à cette tradition religieuse singulière très structurée qui fait de l'état inconscient du sommeil une voie d'accès privilégiée à l'au-delà.

  • Les célèbres « derviches tourneurs » sont l'image la plus visible du soufisme en Occident ; mais cette image masque une réalité méconnue, celle de la Mevleviyye, la voie spirituelle qui se rattache à Rûmî.Alberto Fabio Ambrosio, l'un des plus grands spécialistes mondiaux de cette confrérie, nous livre ici toutes les clés pour découvrir cette spiritualité riche et complexe.Entre symbole et histoire, il nous guide, tel un voyageur, à travers la danse, le zikr, les costumes et l'espace rituel qui caractérise ce soufisme anatolien, avant de remonter la silsile, cette « chaîne d'or » qui relie l'enseignement du fondateur et ses héritiers contemporains, sans omettre les relations ambiguës que la Mevleviyye a entretenues au fil de l'histoire avec le pouvoir politique, depuis l'époque ottomane jusqu'à la République kémalienne. Analysant le rapport entre le visible et l'invisible, au fondement de cette voie à bien des égards unique, il en exprime toute la force et la beauté.

  • Les descriptions de la fin des temps et de l'Apocalypse dans le Coran n'ont pas seulement nourri un messianisme temporel, annonçant les événements qui départagent les amis et les ennemis de Dieu. Le philosophe Christian Jambet présente ici une oeuvre du penseur shite Mull adr qui, au XVIIe siècle, « neutralise les conflits de la fin des temps en leur donnant un sens permanent et spirituel, qui en apaise l'urgence, en défait les prestiges temporels au profit du combat spirituel. »
    L'essai qui précède la traduction de L'épître du rassemblement dévoile ainsi une éthique de la résurrection. Il éclaire également les influences néoplatonicienne et soufie qui parcourent cette oeuvre, dont Christian Jambet restitue ici toute la puissance.

  • À la lumière des enseignements spirituels puisés dans la sagesse universelle du soufisme, le Cheikh Khaled Bentounes, guide spirituel de la confrérie Alawyyia, nous invite à redécouvrir la dimension essentielle de notre nature originelle que notre conditionnement culturel a fini par occulter.La vision soufie de la thérapie de l'âme consiste à cheminer vers le centre de l'être par une éducation d'éveil des sens. Elle permet d'affranchir l'âme humaine de ses instincts, de ses peurs et de ses désirs illusoires. L'homme pourra alors prendre conscience du trésor précieux que recèle son être depuis le jour où Dieu a décidé, selon la tradition coranique, de faire de lui son Représentant (Khalîfa) sur terre. Assumant cette responsabilité, il coopère en toute confiance au dessein divin et à sa propre destinée. Thérapie de l'âme bouscule nombre d'idées reçues et nous interroge sur le fond de la nature humaine.

  • En Islam comme dans le monde chrétien médiéval, l'esprit de chevalerie était loin de se réduire à une éthique militaire. Au contraire, la futuwah, c'est-à-dire l'ensemble des traditions, coutumes et pratiques qui constituaient le code de la vie chevaleresque musulmane au Moyen Âge, s'entendait avant tout au sens spirituel et éthique. Véritable initiation, la futuwah amène l'individu à suivre la noble voie du service divin ; elle forme le sommet de la démarche soufie. Le présent livre, traduction d'un texte arabe dû à un auteur d'origine persane du Xe-XIe siècle, Abû Abd al-Rahman ibn al-Husayn al-Sulamî, est commenté par Faouzi Skali, l'un des auteurs de langue française les plus lus sur le soufisme. Futuwah fait partie de ces grands classiques de la spiritualité universelle que l'on relit sans cesse.

  • Un musulman peut-il être européen ? Cette interrogation, qui n'a été formulée explicitement qu'avec l'irruption sur la scène politique du débat sur l'entrée de la Turquie dans l'Europe, se posait déjà au Moyen Âge et à l'époque moderne. Pourtant, un préjugé tenace voudrait que les musulmans aient été quasiment absents d'Europe jusqu'au XIXe siècle, les flux de circulation ou d'immigration étant tous tributaires de la colonisation. Opposant des arguments scientifiques à ces idées reçues, les études réunies ici démontrent, qu'au contraire, des musulmans ont été intégrés par milliers aux sociétés d'Europe occidentale, mais que ce fait est passé inaperçu. Cette invisibilité nous apprend que, loin d'être contemporaines, la question de la présence de l'islam dans l'espace public et celle de la pratique du culte musulman sont anciennes et enfouies.Ce premier volume d'une vaste enquête sur l'histoire de la présence musulmane en Europe a l'ambition d'expliquer pourquoi cette réalité est restée ignorée et à quelles difficultés on se heurte à vouloir définir un « musulman » dans un contexte européen, ce qui, aujourd'hui comme hier, pose des problèmes éthiques et politiques forts.

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