Labor et Fides

  • Où se situe ce Royaume de Dieu dont Jésus a tant parlé  ? Est-il réservé à la fin des temps, ou au contraire peut-il être saisi, ici et maintenant  ? C'est en méditant sur la vie, sur l'amour, sur son travail d'aumônier, sur les textes bibliques que Marie-Laure Choplin explore et révèle, d'une plume pleine de force et de grâce, ces instants où le Royaume prend place en chacun de nous.
     

  • «  Jésus annonçait le royaume, et c'est l'Église qui est venue  »  : c'est avec cette formule qu'Alfred Loisy résumait le devenir du christianisme après Pâques. Bien loin de dénoncer la déviation de l'Église face au projet de l'homme de Nazareth, Loisy cherchait à en saisir la continuité et la nécessaire institutionnalisation. À sa suite, nombreux sont les historiens et biblistes à s'être engagés dans cette quête des origines chrétiennes. À l'heure où les Églises en Occident se cherchent un second souffle et repensent leur raison d'être, elle s'impose même comme une urgence. C'est à revisiter cette fascinante entreprise d'innovation ecclésiale qui a accompagné le premier siècle d'existence du christianisme que ce livre souhaite ainsi participer  : comment les premiers croyants ont-ils pensé l'héritage de leur maître après sa mort  ? Quels sens et fonction ont-ils donnés à leur existence communautaire  ? Quelles pratiques ont-ils adoptées au quotidien  ? Quand et pourquoi ont-ils développé des ministères et des structures d'autorité  ?
     

  • Dans ce petit dictionnaire alerte et précis, l'auteur tente de cerner les contours du christianisme et de la théologie en prenant également en compte leur dimension éthique. Le pari se veut de définir avec concision et indépendance plus de 150 mots de base dont la combinaison permet de saisir quelque chose de l'essence du christianisme. Écrit par un seul auteur, un tel ouvrage porte inévitablement la marque d'une subjectivité singulière, mais il débouche aussi sur une forte recherche de cohérence et de consistance. Toutes les définitions proposées ne puisent pas à une même conception classique de la théologie  ; certaines se veulent même délibérément provocantes et dissidentes, afin de stimuler de nouvelles créativités, aussi éloignées de la répétition de la tradition que des modes en cours. Le lecteur est ainsi invité à reconstruire lui-même, à partir des thèmes esquissés, la possibilité d'une identité et d'une conviction fortes.
     

  • Ce livre n'est pas une biographie scientifique de Marcel Detienne (1935-2019) -  enfin, il l'est sans l'être vraiment. Ce n'est pas non plus l'éloge d'un des hellénistes, philologues et anthropologues de la Grèce ancienne les plus reconnus dans le monde, traduit, considéré comme le fils brillant et tumultueux de Jean-Pierre Vernant.
    Il faudrait ajouter Claude Lévi-Strauss, Michel de Certeau et Georges Dumézil. Son ami Philippe Sollers, aussi. Le havre de paix qu'il avait trouvé à l'École pratique des hautes études, à Paris, venant de sa Belgique problématique. L'ostracisme qu'il a connu, enfin, des rives italiennes à celles des États-Unis. Tout ceci fait de lui un sujet infiniment incertain.
    Il s'agit plutôt d'un essai subjectif, écrit à partir de nombreuses archives inédites, suivi d'une annexe de lettres. Il s'agit surtout de sonder un homme au plus profond, la manière dont un être se laisse marginaliser, pour aller au bout de lui-même. Ce livre est le fruit d'une visite que l'auteur a rendue à Detienne, quelques semaines avant sa mort, et d'une volonté de l'écrire après l'avoir vu. Vincent Genin a voulu rester un moment avec Marcel. Lire son oeuvre, celle du structuraliste au coeur de la Grèce, du camarade des dieux (Dionysos, Apollon), de l'intellectuel qui doute, puis l'enfant de la guerre inquiet devant une Grèce étant la valeur-or des nationalismes.
    Tentative de cerner un être, ses moteurs, ses errances, sans doute. Une autre manière d'envisager l'histoire des sciences humaines  ? Peut-être.
    Une plongée en apnée dans la tête, la main et l'oeil de Marcel Detienne, certainement.
     

  • Après l'intérêt suscité par Une bible des femmes, on nous a demandé une suite d'échos masculins. Avec B majuscule cette fois-ci  ? Oui, car la bible des hommes est déjà écrite  : c'est la Bible  ! Tous les rédacteurs bibliques (jusqu'à nouvelle preuve) furent des hommes. Faut-il encore leur donner la parole alors qu'ils l'ont tant monopolisée  ? Oui, car les hommes aussi ont besoin de se découvrir pluriels et faillibles, libérés du rôle de «  l'homme  » figé pour l'éternité. Pour développer le dialogue contemporain au sujet des textes bibliques, c'est en tandem -  un homme et une femme, de traditions catholique et protestantes  - que les auteurs ont exploré les diversités des masculinités dans la Bible, débordant bien des stéréotypes du genre masculin. Ces dialogues en duo (et un trio) lèvent le voile sur les fragilités des douze apôtres pourtant modèles de l'Église chrétienne, l'apôtre Paul mère des croyants, Job pourtant père, mari et croyant idéal détruit, Samson perdu par sa virilité, David plus hésitant que royal, bien des paternités délicates, des maris chargés non de dominer mais d'aimer, des dirigeants dont la bonne moralité ne suffit pas... Le regard de ces spécialistes en sciences bibliques et en théologie, sur ce que les textes disent vraiment, montre que le masculin fut une quête délicate, et qu'il ne peut être un bastion à défendre.

  • Le deuxième pas

    Damien Murith

    Quelle voix donner à la douleur? Quelle voix donner à cet invisible qui met le corps au supplice, qui transforme les nuits et les jours en un brasier immense, consumant toute force, toute envie? Du cri jusqu'au murmure, dans l'urgence d'une respiration nouvelle, l'auteur lui donne ici une voix dont l'écho fait battre le coeur: celle de l'espoir.

  • Alors que, dans nos sociétés occidentales, la pratique religieuse traditionnelle s'effondre, la spiritualité, quant à elle, jouit d'une faveur toujours plus grande. Mais qu'est-ce que la spiritualité? Comment situer celle se réclamant du christianisme dans ce qui est devenu une véritable nébuleuse? En se mettant sur les traces de Jésus et en explorant la mémoire culturelle des premiers témoins, on tentera de dégager quelques traits essentiels de leur vie spirituelle. On découvrira alors que la spiritualité chrétienne est une spiritualité de la relation où la reconnaissance, le bonheur, la justice, la liberté, la foi et la prière jouent un rôle primordial. Mais c'est également une spiritualité qui construit un rapport au monde, à la nature, au temps, à la mort tout à fait original et souvent occulté dans la longue histoire de l'Église.

  • Un coeur sans rempart est une invitation poétique à vivre l'expérience quotidienne de la méditation chrétienne. À tous petits pas sont abordées les principales étapes que traverse habituellement celui qui désire donner ainsi corps à sa vie spirituelle. En proposant de courts textes magnifiquement écrits et délaissant volontairement le vocabulaire religieux « traditionnel », Marie-Laure Choplin nous offre un splendide voyage spirituel qui atteint le lecteur au coeur.

  • Les premiers missionnaires débarqués au Brésil sont confrontés à un curieux paradoxe  : alors que les Tupimamba acceptent volontiers la doctrine chrétienne et se convertissent, ils ne renoncent pas pour autant à leurs coutumes féroces, au cycle infernal des guerres intertribales, au cannibalisme et à la polygamie. Cette apparente inconstance, cette oscillation entre respect de la nouvelle religion et oubli de sa doctrine, entraîne finalement les Européens à déclarer que les Tupinamba sont fondamentalement sans religion, incapables de croire sérieusement en une quelconque doctrine. Dans cet essai, le célèbre anthropologue brésilien Eduardo Viveiros de Castro, figure tutélaire des études actuelles en ethnologie amazonienne, revisite les sources du XVIe siècle pour restituer les enjeux de cette «  inconstance de l'âme sauvage  », en laquelle se disputeraient deux manières fondamentalement différentes de penser le monde et la société. Il nous invite à remettre en cause, dans une perspective à la fois historique et anthropologique, le rapport entre culture et religion.

  • Le fanatique est souvent la mauvaise conscience des croyants  : lui, au moins, ne doute pas. On condamne peut-être son impatience ou son intolérance, mais plus rarement sa certitude. Bien sûr, le doute est parfois valorisé comme nécessaire à la fortification ou à la purification de la foi. Peut-on aller plus loin et dire que le doute structure la foi de l'intérieur  ? Dans ce cas, il n'y aurait pas seulement une croyance religieuse, mais également un doute religieux. Se pourrait-il alors que la personne la plus religieuse ne soit pas celle qui croit le plus  ?
    C'est cette hypothèse qu'explore ce livre  : l'évidence de Dieu, qui structure la vie de celles et ceux qu'on appelle des croyants, est caractérisée en premier lieu par le doute et non par la certitude. Que croire religieusement en Dieu, c'est d'abord douter.
    En prenant au sérieux cette hypothèse, Anthony Feneuil développe un modèle conceptuel de la foi à première vue surprenant, mais dont il montre qu'il traverse la tradition chrétienne, et tire quelques conséquences pour la compréhension contemporaine de la foi et le refus qu'elle implique de trop croire à ses propres croyances.
     

  • Ce livre est né d'un étonnement surgi à la lecture d'un magnifique sermon de Maître Eckhart (l'un des prestigieux représentants de la mystique rhénane, XIIIe-XIVe siècle), qui offre pour l'époque une lecture totalement inédite du rapport entre l'action et la contemplation. La question vaut toujours, à l'heure où de multiples voies s'offrent à nous, cherchant à réconcilier spiritualité et militantisme. Méditant le célèbre épisode relaté dans l'évangile de Luc où les soeurs Marthe et Marie accueillent Jésus chez elles, le théologien rhénan suggère que c'est Marthe, la très entreprenante, qui enseigne à Marie, perdue dans son assise, la vérité du chemin spirituel.
    Dans cette relecture admirative du grand mystique rhénan, Francine Carrillo souligne toute l'actualité de ces pages et relève qu'en nous ouvrant à la liberté d'être «  avec le souci, non dans le souci  », les deux soeurs nous convient en définitive à cultiver la fécondité de ce que François Cassingena-Trévedy rassemble sous une appellation inédite  : la «  contempl-action  »  !
     

  • Dans ce recueil de courts textes, denses et poétiques, Marie-Laure Choplin égrène des situations quotidiennes, des rencontres anodines, des moments en apparence banals  ; elle laisse affleurer ses impressions, ses douleurs, ses doutes, ses révoltes, ses joies aussi. Le lecteur parcourt, comme autant d'étapes sur un seul chemin, ce qui fait une vie et ses petits riens. Mais par-delà ces riens, l'auteure nous plonge en réalité dans ce qui constitue le coeur des évangiles  : une attention aiguë portée aux choses et aux êtres, un regard sans cesse renouvelé sur le monde, une capacité à se décaler, se mettre en retrait, s'interroger, bref donner à la vie une autre chance, et surtout  : s'adosser au message de ce Jésus, à la fois si frêle et si puissant.
    Une lecture qui remet la foi déliée de ses artifices au coeur de nos vies.
     

  • Ce livre présente le travail et la pensée de Bartolomé de Las Casas, figure majeure de l'histoire universelle, qui a combattu toute sa vie pour les peuples du Nouveau-Monde, découverts et dominés par les Espagnols.
    Las Casas a en effet défendu, notamment lors de la célèbre controverse de Valladolid, le droit des peuples amérindiens à vivre en liberté, à résister à la domination espagnole, à respecter et à préserver leurs propres cultures, leur religiosité, et à conserver aussi après la conversion les éléments compatibles avec le christianisme.
    La défense de ces droits ainsi que de l'unité et de l'égalité de la famille humaine fait de Bartolomé de Las Casas un «précurseur» à la fois du Concile Vatican II et du monde postcolonial et mondialisé de notre époque.

  • La mort

    Eberhard Jüngel

    Eberhard Jüngel, éminent théologien de notre temps (né en 1934), se penche sur le thème de la mort. Cette thématique est d'abord envisagée dans une perspective anthropologique large, en dialogue avec la médecine et la philosophie, comme une «  énigme  ». Dans un second temps, Jüngel propose une réflexion biblique et théologique sur la mort comme «  mystère  ». Interroger la mort, c'est interroger la vie - notre vie. Qu'est-ce que la mort  ? Une réalité à la fois tout à fait personnelle (notre mort), mais aussi tout à fait étrangère. Elle n'est toutefois pas que «  ma  » mort, mais aussi celle d'autrui  : elle est un fait  social, dont les incidences sur nous-mêmes sont indéniables. Théologiquement parlant, la mort de Jésus est l'événement de la rencontre entre l'être de Dieu et l'être de la mort  : Dieu y assume la négation de la mort. Si la mort de Jésus-Christ a quelque chose à voir avec nous, c'est parce qu'elle concerne également Dieu  : en Jésus, Dieu même n'en est pas indemne. Loin d'être «  réconcilié  » par la crucifixion de Jésus, au sens où Dieu passerait de la colère au pardon, Dieu ôte à la mort sa puissance de négation et de séparation, donnant à l'être humain d'avoir part à sa vie même. D'abord paru en 1971, dans le contexte des théologies de la «  mort de Dieu  », cet ouvrage, très lu dès sa parution mais jamais traduit jusqu'ici en français, n'a rien perdu de sa pertinence

  • Spiritualité et pouvoir : les ambiguïtés de l'autorité religieuse Nouv.

    Les pratiques religieuses contemporaines, marquées à la fois par l'individualisation, le déclin de l'institution et l'essor de nouvelles «  spiritualités  », peuvent sembler à première vue évacuer les enjeux de pouvoir et d'autorité, au profit de sociabilités moins contraignantes centrées sur l'émancipation personnelle. En s'appuyant sur des enquêtes ethnographiques dans les milieux du «  New Age  » mais aussi dans le contexte du méthodisme londonien, Matthew Wood invite à réexaminer cette question du pouvoir afin de réinscrire pleinement le fait religieux dans son contexte social. Il nous montre que si les formes de l'autorité évoluent, celle-ci ne disparaît pas pour autant. Un ensemble de rapports sociaux de pouvoir structurent toujours la vie religieuse, dont la sociologie doit rendre compte afin d'éclairer les transformations en cours au sein des sociétés néolibérales. Ces réflexions dessinent les contours d'une sociologie des religions plus ouverte sur les débats théoriques qui traversent aujourd'hui les sciences sociales, afin de repenser les relations entre religion, classes sociales, ethnicité et sécularisation.
     

  • Mémoires

    André Trocmé

    Ce texte souvent cité par extraits, jamais publié ni même lu dans son intégralité, propose un parcours des deux premiers tiers du XXe siècle à travers la vie d'un acteur majeur du protestantisme français et international. André Trocmé (1901-1971), issu d'une famille germano-française d'industriels du textile dans le nord de la France, a connu l'occupation de sa région au cours de la Première Guerre mondiale et y est devenu à jamais pacifiste. Au terme de ses études de théologie, complétées par un séjour d'un an à New York, il vit pleinement l'expérience du Christianisme social dans le Nord ouvrier.En 1934, il devient pasteur du Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire. Il y fonde en 1938, avec son collègue Édouard Theis, l'École nouvelle cévenole (futur Collège Cévenol), un lycée d'enseignement privé protestant. L'établissement accueille à partir de 1940 des enseignants et des élèves étrangers, le plus souvent juifs. Au même moment, André Trocmé, sa femme Magda et une série de personnes organisent l'accueil de plusieurs centaines de Juifs au Chambon-sur-Lignon et sur le Plateau. Le pasteur tient tête aux autorités de Vichy, et est emprisonné pendant un mois en 1943, avant de devoir passer à la clandestinité jusqu'à la Libération.Son autobiographie offre un document de première main sur ces années qui ont valu au Chambon-sur-Lignon la reconnaissance de l'Institut Yad Vashem, en Israël, et une notoriété mondiale.Au lendemain de la guerre, André Trocmé s'installe à Versailles pour y diriger la branche européenne du Mouvement international de la Réconciliation, avant de terminer sa carrière pastorale à Genève. André et Magda Trocmé ont été reconnus Justes parmi les nations.L'introduction, l'édition et les notes sont l'oeuvre de l'historien Patrick Cabanel (EPHE, Paris), spécialiste des Justes parmi les nations et de l'accueil des Juifs dans les Cévennes comme au Chambon-sur-Lignon.

  • Il s'agit, dans ce commentaire, de lire et faire lire un Jonas du début du IIIe siècle avant notre ère écrit en Judée hellénistique aux prises avec des questionnements nouveaux sur la fonction et la valeur de la mémoire prophétique en voie de canonisation. L'intérêt du récit en mer et à Ninive porte à chaque fois, non sur un discours prophétique à peu près absent, mais sur une discussion de l'agir du Dieu de l'univers en rapport avec la parole donnée à Israël et confiée au prophète. La fréquentation des littératures égyptiennes et grecques suggère des auteurs qui soient des litterati à proximité du temple de Jérusalem au moment où ils décident de canoniser ou non, et comment, leur bibliothèque prophétique, encore utile ou non, lorsque les catégories d'histoire, de réel, se mettent à envahir ce qui fut longtemps le seul domaine de la mémoire conçue comme cultuelle.
     

  • Mozart

    Karl Barth

    À l'occasion des 200 ans de la naissance de Mozart, le célèbre théologien Karl Barth propose trois courts essais magistraux sur cette figure mythique.
     
    «  Contrairement à celle de Bach, la musique de Mozart n'est pas un message  ; à l'inverse de celle de Beethoven, elle n'est pas une confession personnelle. Dans sa musique, Mozart ne proclame pas de doctrine, il ne se proclame pas lui-même. (...) Il se contente de chanter. Ainsi, il n'impose rien à l'auditeur, il ne l'accule à aucune décision, il n'exige de lui aucune prise de position  ; simplement, il le libère. Il procure la joie à celui qui se laisse faire. (...) Se contentant de l'humble rôle d'interprète, il resitue le message qu'il a reçu  : ce que la création de Dieu fait pénétrer en lui, fait éclore en lui et essaie de rayonner par lui.  »Karl Barth

  • Cette anthologie est constituée de textes poétiques d'auteurs protestants ou assimilés (Marot, Bèze, Aubigné, Du Bartas, Drelincourt, Peyrat, Siefert, Eigeldinger, Chessex, Dadelsen, etc.) mais aussi de textes sur le protestantisme d'auteurs non protestants (Voltaire, Hugo, Vigny, Pierre Emmanuel, etc.) ainsi que de textes résolument antiprotestants (Ronsard, Baudelaire, Verlaine, Claudel, etc.).
    Une introduction retrace l'évolution des liens entre protestantisme et poésie française, en partant du deuxième tiers du XVIe siècle, dominé par la constitution du Psautier huguenot, le troisième tiers marqué par les guerres de Religion, le XVIIe siècle apaisé de l'Édit de Nantes, le XVIIIe douloureux de la Révocation de l'Édit de Nantes, le XIXe revisitant l'histoire du protestantisme et le XXe animé par les poètes suisses.
    L'ouvrage (qui est une édition revue et fortement augmentée de la première édition parue aux Presses universitaires de Strasbourg en 2011) adopte un classement thématique  : Bible (poèmes présentés selon l'ordre des livres bibliques), Histoire (selon la chronologie des événements cités dans les poèmes) et Liturgie (ce qui relève du cultuel).
     

  • On s'est de tout temps posé la question  : «  Que vient faire dans la Bible ce chant d'amour aux accents profanes et érotiques  ?  » Exégètes et lecteurs demeurent étonnés, perplexes ou enthousiastes. Car le livre fascine. Par une traduction originale, une fine analyse du texte hébreu, remis dans son contexte historique et éclairé par la Tradition, l'auteure nous guide à la découverte de ce Poème qui témoigne d'un regard divin si positif à notre égard, d'un amour qui nous grandit et qui nous fait grandir, même au travers des aléas de la relation.
    Lu par petites tranches gourmandes, ce commentaire baigné d'une spiritualité existentielle nourrira notre prière et notre intériorité. Le «  plus beau de tous les chants  » offre aussi des aspects d'une étonnante modernité  : la place accordée au féminin, à la beauté, à la nature, et à l'entière égalité dans le couple, au respect et à la liberté à l'intérieur de la relation.
    Ce petit bijou de poésie serti au coeur de la Bible chante à l'univers et à notre temps  l'essentiel de la Révélation  : un Dieu qui cherche un partenariat avec les humains, dans une communion d'amour, au milieu d'une Création réenchantée

  • En 1895, Elizabeth Cady Stanton réunit un comité de vingt femmes pour réécrire la Bible. Elles découpèrent les passages qui parlaient des femmes, et les commentèrent selon leurs convictions. Que deviendrait une entreprise de réécriture de la Bible au XXIe siècle par les femmes ?
    Ce livre réunit à nouveau un comité d'une vingtaine de femmes théologiennes, protestantes et catholiques francophones (européennes, africaines et québécoises). En profitant des découvertes en sciences bibliques et grâce aux questions critiques féministes, les auteures développent une dizaine de thématiques majeures liées
    aux femmes, en mettant en évidence comment des textes bibliques peuvent être lus à frais nouveaux.

  • Le témoignage des évangiles sur la résurrection de Jésus, Yéshoûa" le Nazarène, peut se lire tel une Haggâdâh (narration impliquant son lecteur) comparable à celle du Séder pascal chez les Juifs. Elle culmine sur le récit du doute de Thomas, dans lequel les évidences du voir se renversent en un «  autrement que voir  » - Dire subtil pointant vers l'Ouvert, l'Intangible, le Retrait signifiant du Transcendant. Dans sa controverse sur la résurrection avec des sadducéens qui en ridiculisent l'idée, Yéshoûa" met en avant le nom des patriarches, suscités à un sens d'être nouveau lors de leur rencontre du Tout-Autre. Ce motif du nom - porté par le langage apocalyptique - est aujourd'hui éclairé par la psychanalyse  : le nom propre est l'abri symbolique du sujet vivant dans le lieu de son corps. Ce qui est relevé à la résurrection n'est pas le corps, mais le nom  !
     

  • Chaque tradition de sagesse a ses textes phares sur la connaissance des mystères divins. Dans l'Orient chrétien, c'est la Philocalie des Pères neptiques, une anthologie monumentale d'écrits mystiques du IVe au XVe siècle. Elle est la source notamment de la prière du coeur ou de Jésus, popularisée par les Récits d'un pèlerin russe.
    Une trentaine d'auteurs, parmi lesquels des figures majeures comme Maxime le Confesseur et Grégoire Palamas, y tracent la voie de l'hésychasme (du grec hésychia, «paix, repos») et de ses étapes vers l'expérience de la Lumière incréée: la purification du coeur par l'ascèse, la contemplation de Dieu dans la création et les Écritures saintes, la déification ou l'union à Dieu.
    L'Être caché du coeur rassemble des extraits de la Philocalie, traduits par Jacques Touraille. Introduits et choisis par Michel Maxime Egger, ils proposent par leur agencement un véritable voyage spirituel centré sur l'ouverture au souffle de l'Esprit, l'unification intérieure et l'amour de la beauté.

  • Ces écrits sur la liberté de Jacques Ellul, pour moitié inédits, fournissent un panorama de la vie et de la pensée d'un homme à la fois entier et aux multiples facettes. Le professeur de droit et l'historien, l'intellectuel et le chrétien délivrent un message commun : la liberté, en réclamant toutes les libertés, se coupe de son origine (Dieu le Libérateur), de son cadre (le commandement de Dieu) et de son but (manifester l'amour). Devenue mensonge, elle menace l'équilibre du monde naturel et celui du monde social. Plus que jamais, chacun doit choisir entre la puissance et la liberté - c'est-à-dire entre le bien-être et l'ascèse, l'illusion et la lucidité, l'émancipation illimitée et la sagesse... Ou encore : quel dieu veut-on servir ? Celui de la Technique, de l'Économie et de l'État, le Dieu Efficacité qui réduit l'homme au rang des objets qu'il consomme - ou celui d'Abraham, de Moïse et de Jésus-Christ, le Dieu Amour qui appelle l'homme à vivre la vraie liberté en relation avec Lui, le prochain et la Création ?
    Bénéficiant de récentes découvertes, les trente-deux textes s'enrichissent d'extraits de notes inédites de cours et de conférences. L'appareil critique veut être utile aussi bien aux connaisseurs d'une oeuvre foisonnante qu'aux lecteurs qui découvrent le penseur protestant.

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