• Existe-t-il une vie après la vie?

    Si oui, nos proches disparus peuvent-ils communiquer avec nous?

    Après le décès de sa soeur aînée Laëtitia, Floriane Gérardin ressent la nécessité d'un contact avec celle qui était sa confidente et meilleure amie. Portée par cet espoir, elle s'inscrit à un premier atelier de Trans Communication Hypnotique (TCH) proposé par Jean-Jacques Charbonier, médecin anesthésiste-réanimateur, témoin de nombreux récits d'EMI.

    Au fil des mois, un dialogue fait de signes et synchronicités s'instaure.

    Ses lectures, sa participation à deux autres ateliers de TCH ainsi que ses rencontres, à l'occasion de conférences sur la conscience et la spiritualité, avec le journaliste et auteur Stéphane Allix, fondateur de l'INREES et du magazine Inexploré, la chamane et auteure Corine Sombrun, vont éclairer son parcours.

    Sa quête initiale va la mener au-delà de ce qu'elle espérait.

    Ce récit en est le témoignage sensible.

    Après l'obtention d'une licence de droit, Floriane Gérardin s'oriente vers l'enseignement primaire. À vingt-huit ans, au terme d'un parcours analytique, elle rédige un premier roman: À ma place. Devenue maman, elle traverse plusieurs épreuves liées notamment aux décès successifs de proches et délaisse l'écriture. Elle commence alors une thérapie jungienne et entreprend des études de psychanalyse dans un centre de formation de qualité. À la suite du décès brutal de sa soeur aînée en 2017, dans un élan de «sur-vie», elle reprend progressivement le chemin de l'écriture. Sa quête de sens et la nécessité de trouver des réponses aux questions liées à l'après-vie la mènent à s'intéresser aux spiritualités et traditions anciennes tel que le chamanisme, ainsi qu'aux recherches récentes liées à la conscience.

  • À ma place

    Floriane Gerardin

    Ce soir, ciné. Il n'y a là rien d'extraordinaire si ce n'est que j'y vais avec Agathe, ma meilleure amie, et qu'en cela, c'est un exploit. Nous avons réussi à trouver une date, une activité puis un film qui nous conviennent à toutes les deux, un soir de semaine. Trop fort !
    Il faut dire que nos emplois du temps ont bien souvent du mal à s'accorder et nos vies bien chargées nous laissent rarement l'occasion de nous retrouver pour vivre des moments de détente partagés, loin des embrouilles familiales, des jouets de son fils ou de mes lamentations sentimentales et professionnelles. Elle vit à deux cents à l'heure, entre son homme, son fils, son boulot, ses parents, ses multiples tâches de femme d'aujourd'hui, quand moi je bosse beaucoup mais ai beaucoup de vacances grâce à mon métier d'enseignante, je suis célibataire, j'aime prendre mon temps et en avoir.
    Pour le ciné, on doit se rejoindre chez elle puis y aller ensemble. Je passe la prendre à 20H15 et on file. Le film est à 20H40 : LE CONCERT, avec Mélanie Laurent. J'ai vu plein d'affiches de ce film lors de mon séjour à Paris pendant les vacances de Toussaint et je voulais le voir dès sa sortie car il cumule à lui tout seul deux de mes passions : la musique et le cinéma. Son titre évocateur m'a donné envie tout de suite. Ça a été très compliqué de caler une date, une heure et un film qui nous convienne à toutes les deux, que je n'ai pas déjà vu - « ben tu vas trop au ciné, t'as toujours déjà tout vu ! ». On y est arrivé mais avec Agathe je m'attends à tout. Tant que je n'y suis pas, je n'y crois pas. Je sais que jusqu'à la dernière minute, tout peut changer. En juillet dernier, nous avons assisté à un concert, à Nîmes, de Justin Nozuka et Jason Mraz. C'était prévu depuis le mois de mars, j'avais réservé les places, payé, récupéré les billets... mais je me disais qu'Agathe allait certainement me pondre un truc de dernière minute. Ce qu'elle n'a pas fait mais a failli faire. Elle me l'a avoué alors que nous étions en chemin. On lui avait proposé un boulot pour ce soir-là, quelques jours plus tôt, et elle avait sérieusement hésité avant de répondre. Elle s'est en quelque sorte sacrifiée (400 euros pour un maquillage court métrage) pour moi... et aussi parce qu'elle savait que dans le cas contraire je l'aurais tuée. Donc pour ce soir, je me dis que c'est pareil. J'attends de voir ce qu'elle va trouver.
    Au moment de partir de chez moi, je l'appelle pour lui faire réaliser qu'il est l'heure de se préparer au cas où ce ne serait pas fait, parce que je sais qu'elle sera encore en retard et qu'elle n'aura pas vu passer l'heure.
    - Allô ?
    - Salut, c'est moi, je pars, t'es prête ? T'as pris ta douche ? Tu t'es habil...
    - Tu vas me tuer... c'est la cata, comme d'hab ! Tom est parti chercher un truc chez sa mère pour son ordi, je sais pas quoi, j'ai rien compris. Quand il est parti, je lui ai dit :« Tom, je te rappelle que je sors ce soir, je vais au ciné avec Flora donc il faut que tu sois rentré à 20 heures sans faute ! » Et lui il m'a fait : « Ah c'est ce soir votre ciné ? Vous allez voir quoi ? - On s'en fout Tom c'est pas le sujet, faut juste que tu sois là à l'heure ! - Oui t'inquiète pas, je fais vite. J'en ai pour une demi-heure maxi. » Sauf que, bien sûr, ça fait plus d'une demi-heure qu'il est parti, qu'il est pas revenu, que toi tu vas arriver et que je crois que je vais le tuer. En plus, si j'essaie de l'appeler, j'entends son téléphone sonner dans l'appart parce que ce gnnn... l'a laissé ici, juste pour me rendre chèvre. Mais sinon je suis prête, figure-toi. C'est pas un exploit ça ?

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